Les milliards de micro-organismes qui peuplent notre tube digestif jouent un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions de l’organisme. L’équilibre de cette population bien organisée, appelée flore ou microbiote intestinal, dépend de nombreux facteurs.
Par conséquent, un déséquilibre de la flore intestinale, ou dysbiose intestinale, peut provoquer de nombreux désagréments. Cet article explore les signes d’une dysbiose intestinale, ses causes et ses conséquences majeures. Apprenez-en également plus sur les manières de refaire votre microbiote afin de retrouver du confort au quotidien.
Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?
De manière générale, le microbiote désigne l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes) qui vivent dans un environnement spécifique. Il existe différents microbiotes dans notre organisme, qui se situent au niveau de la peau, de la bouche, du vagin, des intestins…
Le microbiote intestinal est le plus important d'entre eux, avec 1012 à 1014 micro-organismes. C’est 2 à 10 fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps, pour un poids de 2 kilos !
Ce microbiote intestinal est principalement situé dans l'intestin grêle et le côlon (l'acidité gastrique rendant la paroi de l'estomac quasiment stérile).
Bien que son existence ait été découverte il y a maintenant plus d’un siècle, les moyens de l’étudier demeurent limités et les fonctions qu’il assure dans l’organisme n’ont été élucidées que récemment.
Il est aujourd’hui établi, qu’au-delà des seules fonctions digestives (absorption de l’énergie, stockage des graisses, régulation de l’appétit…), il joue un rôle dans les fonctionnements métabolique, immunitaire et neurologique de notre organisme, y compris l’aspect de la peau ou l’état psychologique. Ceci explique pourquoi la dysbiose intestinale peut favoriser un grand nombre de maladies et constituer une piste majeure de prévention.
Qu’est-ce que la dysbiose intestinale ?
La dysbiose intestinale est une altération de la composition et de la fonction du microbiote intestinal : le terme fait souvent référence à un « déséquilibre de la flore intestinale ». La plupart du temps, ce déséquilibre est créé ou par une diminution de la diversité du microbiote, ou par une diminution des populations bénéfiques ou par une surcroissance des agents pathogènes.
Les causes d’une flore déséquilibrée
Les facteurs les plus importants dans l'apparition de la dysbiose intestinale seraient l'alimentation et les médicaments. Néanmoins, il en existe bien d’autres(1) :
- Une alimentation riche en sucres et pauvre en fibres. Les régimes riches en sucres simples peuvent perturber la barrière intestinale, favoriser l'inflammation intestinale et altérer le métabolisme.
- Les médicaments et autres xénobiotiques. Ces substances peuvent modifier profondément la composition du microbiote et favoriser la prolifération de microorganismes potentiellement délétères.
- Les additifs alimentaires : conservateurs, émulsifiants, édulcorants artificiels (par exemple le sucralose utilisé dans le sucre de table, les fruits transformés, les chewing-gums, les assaisonnements pour salade, etc.). Ces composés ont été associés à une augmentation de certaines bactéries du groupe des protéobactéries et à une augmentation de l'inflammation intestinale.
- Les infections et les états inflammatoires. Les maladies infectieuses (ex : le virus covid 19), même lorsqu'elles ne touchent pas directement le tube digestif, peuvent induire une dysbiose.
- Les facteurs propres à l'hôte (prédisposition génétique, immunité, sécrétions digestives). Par exemple, le rôle de l'acidité gastrique, des acides biliaires, des défensines, du lysozyme et des immunoglobulines intestinales (IgA), qui participent normalement au contrôle du microbiote.
- Certaines habitudes de vie et facteurs environnementaux (alimentation, niveau d’hygiène, activité physique, etc.). Une bonne hygiène de vie aiderait à réduire le risque de maladies chroniques et infectieuses.
Quels sont les signes d'une dysbiose ?
Les premières manifestions d’un déséquilibre de la flore intestinale sont d’ordre digestif :
- Ballonnements et gaz,
- Diarrhée ou constipation,
- Douleurs abdominales.
Cependant, son retentissement peut être beaucoup plus large et affecter l’organisme au-delà des intestins. Par exemple, un microbiote déséquilibré peut se traduire par un état de fatigue chronique, par des troubles de l’humeur, des problèmes de peau, une prise de poids ou encore un affaiblissement immunitaire.
Les conséquences d’un microbiote intestinal déséquilibré
Si une dysbiose intestinale peut causer une gêne au quotidien, elle peut également entraîner des conséquences plus importantes.
1. Maladies du système digestif
Un déséquilibre du microbiote intestinal peut être responsable de troubles digestifs allant de la simple diarrhée passagère aux maladies inflammatoires des intestins (MICI) : maladie de Crohn, syndrome du côlon irritable (SCI), rectocolite hémorragique, cancer colorectal…(2).
2. Maladies infectieuses
Le microbiote intestinal joue un rôle crucial dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Il est en effet capable d’identifier les espèces pathogènes et de les détruire, assurant un rôle de barrière au niveau de la paroi intestinale.
Une dysbiose peut ainsi rendre plus sensible aux maladies infectieuses, comme l’infection à Clostridioides ou la Covid-19 qui affecte les muqueuses nasales et du système respiratoire, mais aussi le système digestif. Elle favoriserait les formes graves de la Covid, en raison de l’influence mutuelle des microbiotes de l’intestin, des poumons et des voies aériennes(2).
3. Obésité et diabète
La diminution d’une variété de bactéries (les Bacteroidetes) couplée à l’augmentation d’une autre (les Firmicutes) pourrait engendrer une faculté du microbiote à stocker plus facilement l’énergie apportée par l’alimentation. Cela entraînerait ainsi un risque accru d’obésité(3).
Le microbiote intestinal joue également un rôle essentiel dans la résistance à l’insuline et dans le maintien d’une glycémie normale(4). Or, le diabète est précisément une maladie caractérisée par une résistance à l’insuline engendrant des taux trop élevés de sucre dans le sang. En outre, des études réalisées chez des patients diabétiques ont pu mettre en évidence que les malades présentaient pour la plupart une baisse significative de bactéries produisant du butyrate et une hausse de bactéries opportunistes causant un état inflammatoire chronique(4).
4. Cancers
Un certain nombre d’études aboutissent à la conclusion que certaines tumeurs sont liées à la présence de micro-organismes précis ou encore d'une dysbiose au niveau intestinal. Il est par exemple établi qu’un déséquilibre du microbiote en faveur de certaines espèces (fusobacterium) augmenterait le risque de cancer colorectal(5) ou que la présence d'Helicobacter pylori favorise la survenue de cancer gastrique.
Quelques études pointent du doigt également une corrélation entre une prise régulière d’antibiotiques (perturbant l’équilibre du microbiote intestinal) chez des jeunes femmes et la survenue de cancers du sein(6).
5. Dépression, anxiété, schizophrénie
Le fonctionnement du cerveau humain est sous l'influence du microbiote intestinal(7). En effet, le système nerveux qui régit l'intestin contient à lui seul 200 millions de neurones. Sa fonction première est d'assurer la motricité intestinale ; cependant, 80% de ces cellules nerveuses véhiculent l'information dans le sens intestin-cerveau... Ainsi, un déséquilibre du microbiote est susceptible de modifier l'information transmise au système nerveux central.
Quelques études préliminaires évoquent aujourd’hui la dysbiose comme élément de risque pour la dépression et l’anxiété parmi d’autres facteurs génétique, épigénétique, environnementaux et psychologiques(8). On observe ainsi des déséquilibres du microbiote intestinal chez des patients anxieux ou dépressifs.
Chez les personnes atteintes de schizophrénie ou de troubles bipolaires, l'équilibre entre les différentes cytokines (les substances élaborées par le système immunitaire) pro-inflammatoires et anti-inflammatoires dans le sang est perturbé. Or, ces cytokines sont directement médiées par des substances présentes à la surface de certaines bactéries, elles-mêmes naturellement présentes dans le microbiote intestinal(9).
6. Maladie d’Alzheimer et de Parkinson
La dysbiose intestinale pourrait effet être impliquée dans le processus d’inflammation cérébrale lié à maladie d’Alzheimer, responsable d’un important déclin cognitif. Des chercheurs ont d’ailleurs pu mettre en évidence qu’un régime adapté - riche en probiotiques et en anti-inflammatoires, permettait de diminuer la progression de la maladie en luttant contre la perméabilité intestinale(10).
Quant à la maladie de Parkinson, la gravité de ses symptômes apparaît corrélée à la concentration d'une espèce particulière de bactéries (entérobactericeae) dans le microbiote intestinal(11). Les différents phénomènes expliquant ces deux maladies dégénératives pourraient être médiés par des substances d'origine bactérienne neuroactive.
7. Fatigue chronique, fibromyalgie
Il semblerait que le microbiote intestinal des personnes atteintes par le syndrome de fatigue chronique a une concentration plus importante en certaines bactéries (Faecalibacterium, Roseburia, Dorea, Coprococcus, Clostridium, Ruminococcus, Coprobacillu) que les personnes qui n’en souffrent pas(12).
Concernant la fibromyalgie, une augmentation des apports en prébiotiques et probiotiques afin de rééquilibrer le microbiote intestinal permet de réduire les douleurs (souvent extrêmement sévères) et de lutter contre l’inflammation(13).
8. Asthme et allergies respiratoires
Des chercheurs ont évoqué le rôle de quatre types de bactéries intestinales pour la prévention et le traitement de l’asthme. Leur acquisition dans les cent premiers jours de vie permettraient de protéger les nouveau-nés contre cette maladie. Une étude a montré que des jeunes malades présentaient une déficience en quatre bactéries (Faecalibacterium, Lachnospira, Veillona et Rothia) sont normalement acquises naturellement par les nourrissons(14).
Une autre étude montre que la prise orale d’un antibiotique spécifique permettant de modifier la composition du microbiote intestinal permet de réduire les symptômes chez les asthmatiques sévères à l’âge adulte(15).
Alors que les allergies respiratoires affectent de plus en plus de personnes, on a pu établir un lien entre déséquilibre du microbiote intestinal, influençant l’immunité de manière très précoce et allergies saisonnières. Il semblerait que l’exposition accrue à des antibiotiques dès l’enfance, perturbant l’équilibre du microbiote, diminuerait l’efficacité du système immunitaire de type 2, précisément celui qui régule notre capacité à lutter contre les allergènes causant des affections respiratoires(16).
Que manger en cas de dysbiose intestinale ?
L’alimentation joue un rôle préventif important sur le microbiote intestinal. Voici quelques conseils pour le stimuler efficacement, préserver sa diversité et son bon fonctionnement :
- Mangez des fibres : Les bactéries intestinales se nourrissent de fibres (prébiotiques), il est donc bénéfique d'en augmenter l'apport sous forme de céréales complètes, de légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots blancs, flageolets, pois cassés), de légumes (en particulier asperge, artichaut, poireau, ail, oignon, petits pois, choux…) et de fruits (notamment fruit de la passion, banane, fruits rouges).
- Évitez les additifs : Les édulcorants des aliments industriels accroissent le taux de Bacteroides et Clostridiales, ce qui modifie les fonctions métaboliques, ce qui augmente la résistance à l'insuline et contribue au diabète et à l'obésité. Les émulsifiants provoquent, eux, une inflammation intestinale altérant les signaux de satiété envoyés au cerveau.
- Pensez aux aliments fermentés : Les aliments fermentés (kimchi, kombucha, miso, choucroute), les produits laitiers (kéfir, yaourts, fromages) sont riches en micro-organismes vivants qui enrichissent le microbiote.
- Privilégiez les cuissons douces : La cuisson vapeur augmente la digestibilité des fibres.
- Choisissez les bonnes matières grasses : Privilégiez les huiles vierges de première pression à froid, crues : huiles de cameline, de noix, de colza, de lin… Pensez également aux poissons gras (saumon, thon, sardine, maquereau). Les oméga-3 qui jouent, en effet, un rôle important dans la composition et l’activité métabolique du microbiote.
- Consommez des aliments riches en glutamine : La glutamine est un acide aminé permettant de restaurer la barrière intestinale. Vous en trouverez notamment dans le poisson, les œufs, les produits laitiers, les choux, le persil…
- Limitez la viande : Les aliments riches en graisses animales augmentent la proportion de bactéries Bacteroides et Firmicutes productrices de métabolites. Celles-ci favorisent une inflammation locale qui engendre une perte de sensibilité du nerf vague aux signaux de satiété envoyés vers le cerveau, d'où une moindre régulation de l'appétit. Il vaut mieux donc opter pour des protéines pauvres en graisses (poissons, dérivés du soja, légumineuses).
- Consommez du sucre avec modération : Le sucre industriel raffiné, mais aussi les édulcorants chimiques déséquilibrent la flore intestinale au profit de champignons nocifs comme le Candida Albicans.
- Évitez l’alcool : l’alcool tend lui aussi à déséquilibrer la flore intestinale.
Quel probiotique pour la dysbiose ?
Après une prise d’antibiotiques, une infection intestinale, mais aussi après les fêtes ou les périodes de stress impactant la flore intestinale, il est indispensable de restaurer son microbiote intestinal.
Dès lors, vous pouvez opter pour le Glutaform confort digestif qui contient de la L-Glutamine, un acide aminé agissant sur les cellules de la muqueuse intestinale, accompagné de Maxi-Flore Confort+, un complexe de probiotiques qui agit sur le confort digestif.
Les probiotiques vont avoir trois actions majeures :
- Ils vont moduler l’activité du système immunitaire intestinal(17). Ils renforcent l’immunité lorsqu’elle est faible et diminuent la suractivation du système immunitaire, notamment dans les cas d’allergies ou d’inflammation de l’intestin.
- Ils vont augmenter la fonction de barrière de la muqueuse intestinale.
- Ils vont enfin avoir des effets anti-microbiens directs, en remplaçant bactéries pathogènes et en empêchant leur adhésion aux parois intestinales.
Ainsi, vont-ils permettre au microbiote de retrouver sa diversité en “bonnes bactéries” utiles à l’organisme et l’aider à lutter contre les mauvaises bactéries en excès qui interfèrent sur le bon fonctionnement de notre système immunitaire, de notre métabolisme ainsi que de la communication neuronale intestin-cerveau.
Après une cure initiale d’un mois, il est recommandé de suivre une cure d’entretien avec une à deux prise(s) hebdomadaire(s) et de vous supplémenter en probiotiques lorsque vous êtes sans une période “à risque”.
Enfin, n’oubliez pas que la première cause de dérèglement du microbiote, c’est la prise d’antibiotiques. N’en prenez que lorsque c’est vraiment nécessaire, sur prescription de votre médecin.